Un détour par le Tyrol, un voyage vers l'Autriche et vous rencontrez Maous. Mon amie Mado est passionnée de peinture et moi d'écriture... une association pour le plaisir des mots et des couleurs sans oublier l'harmonie au coeur du mandala.
L’arsenal d’Innsbruck que l’on appelle “ Zeughaus “ renfermait à une certaine époque l’arsenal de l’empereur Maximilien Ier. (En 1490, Maximilien Ier devient prince du Tyrol à la suite de Sigismond le Riche).
A la suite de plusieurs conflits contre la Suisse, Maximilien 1er fait construire de nombreux arsenaux au Tyrol dont l'arsenal " Zeughaus ".
C’est ainsi qu’à cette époque Innsbruck devient le plus grand entrepôt d’armes du territoire autrichien car la ville est facile d'accès en cas d'attaque.
Aujourd’hui il abrite un musée d’histoire de la culture tyrolienne. Les thèmes du musée concernent surtout des découvertes préhistoriques dans la région ainsi que l’exploitation des mines de sel et d’argent au Tyrol.
Une grande partie est aussi dédiée aux combats de 1809 pour la libération du Tyrol (plusieurs salles sont consacrées au soulèvement tyrolien dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois) ainsi qu'aux deux guerres mondiales. Il faut aussi savoir que le plus vieux cadran solaire d'Autriche y est exposé ainsi que les globes du géographe Peter Anichs.
Si un jour vous visitez l'arsenal, vous pourrez jeter un coup d’œil sur l’histoire culturelle du Tyrol. Mais le but de mon article est tout autre... Vous souvenez-vous du grand tableau (360 m x 524 m) de Charles Meynier dans les livres d’histoire sur les campagnes napoléonniennes ? Par exemple : « Le Maréchal Ney remet aux soldats du 76e de ligne leurs drapeaux ». Ce tableau fut peint en 1808 et est aujourd’hui la propriété du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (France).
© Direction des Musées de France, 1986
Image : http://www.europeana.eu
Bref une page d’histoire qui actuellement nous amène à Innsbruck. En effet, ce tableau repend l’épisode de la remise des drapeaux retrouvés dans l'arsenal d'Innsbruck aux soldats du 76e de ligne le 7 novembre 1805. La commande de ce tableau émane directement de l’empereur. Parmi tant d'autres commandes passées sous le régime de l'Empire, elle remplit une fonction de propagande, s'attachant à illustrer l'amour porté au drapeau, l'un des symboles fort de la nation.
Porte-drapeaux tyroliens lors des commémorations d'Innsbruck (2009)
En effet, le 76e régiment de ligne avait perdu trois drapeaux dans la campagne des Grisons en 1799. Nous savons qu’à cette époque, perdre un drapeau était une épreuve pour un régiment. Ces drapeaux se retrouvèrent rassemblés avec bien d’autres à l’arsenal d’Innsbruck peut-être comme trophée, peut-être abandonné à leur triste sort de flambeau.
Porte-drapeaux tyroliens à Innsbruck lors des commémorations des batailles menées par Andreas Hofer
Victorieux contre les Autrichiens à Elchingen, le 14 octobre 1805, au cours de la campagne d’Allemagne, le maréchal Ney marche donc sur Vienne. A l’arsenal d’Innsbruck, il retrouve les drapeaux et les rend au régiment avec toute l’implication que cela comporte. L’enthousiasme et la fierté sont bien sûr à leur comble. Nous savons de par nos livres d’histoire que l’attachement au drapeau était pour un soldat très important, pratiquement un objet de culte et il suffit de regarder la télévision pour voir lorsqu’un conflit politique ou social éclate que les drapeaux sont vite réduits en cendres.
Mais pour revenir à ce tableau, celui-ci fait partie d’un ensemble de dix-huit tableaux illustrant la campagne d’Allemagne pour le décor de la galerie de Diane au palais des Tuileries. Il est aussi l’un des rares qui ne représente pas l’empereur Napoléon 1er « en personne » mais ses hommes.
Porte-drapeaux tyroliens - Schützen lors des commémorations d'Innsbruck
La campagne d'Autriche de 1805 est l'une des principales campagnes de Napoléon Ier et se déroula pendant la guerre de la troisième coalition. La victoire d'Austerlitz permet à Napoléon d'imposer la paix à l'Empereur d'Autriche. L’empire autrichien perd donc 4 millions de sujets car il est dépossédé de Venise ainsi que de ses dépendances d’Istrie et de Dalmatie. En outre, l'Autriche doit céder ses territoires allemands, comme le Tyrol, au profit de la Bavière et du Wurtemberg.
Le plus vieux drapeau du Tyrol des Batailles de 1809
contre Napoléon conservé précieusement depuis des années !
La suite vous la connaissez, le Tyrol est occupé par les Bavarois et…
Andreas Hofer va rassembler ses hommes, le petit peuple va se soulever contre le joug bavarois…
Une page d’histoire est ainsi tournée avec quelques photographies...